{"id":41,"date":"2021-02-03T19:04:59","date_gmt":"2021-02-03T18:04:59","guid":{"rendered":"http:\/\/vivrelivre.fr\/?p=41"},"modified":"2021-06-29T17:25:10","modified_gmt":"2021-06-29T15:25:10","slug":"le-festin-du-lezard-de-florence-herrlemann","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vivrelivre.fr\/?p=41","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le festin du l\u00e9zard\u00a0\u00bb de Florence Herrlemann"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"224\" src=\"https:\/\/vivrelivre.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/978-2-37233-034-3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-42\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color\">La nuit est tomb\u00e9e sur la grande et myst\u00e9rieuse maison. Au fond du parc, la lourde grille reste obstin\u00e9ment ferm\u00e9e sur l&rsquo;autre monde. De la salle \u00e0 manger montent des voix. Avec son fid\u00e8le L\u00e9o, Isabelle se pr\u00e9pare \u00e0 descendre d\u00eener. Tout semble normal. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color\">Normal ? Pas si s\u00fbr &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color\">Tr\u00e8s vite, le doute s&rsquo;installe : qui sont-ils, cette M\u00e8re qui terrorise Isabelle et r\u00e8gne sans partage sur ce monde comme repli\u00e9 sur lui-m\u00eame ? ce L\u00e9o, qui jamais ne parle, ni ne r\u00e9pond ? ces visiteurs, dont Isabelle semble tant redouter la pr\u00e9sence ? <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">C\u2019est l\u2019histoire d\u2019Isabelle, une jeune femme de 25 ans qui vit, recluse dans une maison bourgeoise, grande b\u00e2tisse, grand portail, des barreaux aux fen\u00eatres et un grand parc. Toutes les portes sont ferm\u00e9es \u00e0 cl\u00e9, seul le cri de sa m\u00e8re dominatrice et manipulatrice retentit. Elle se confie \u00e0 son fid\u00e8le ami L\u00e9o qui ne lui r\u00e9pond jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce monologue d\u2019Isabelle est une mise \u00e0 nu dans une course folle qui envahit le lecteur, qui le retourne, le maltraite, l\u2019interroge et le prend \u00e0 t\u00e9moin de sa souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p>Roman d\u2019une grande puissance, court et intense conduit en mode \u00ab&nbsp;cam\u00e9ra sur l\u2019\u00e9paule&nbsp;\u00bb vif et direct (Florence Herrlemann est aussi r\u00e9alisatrice notamment d\u2019un documentaire sur l\u2019enfance maltrait\u00e9e). Elle y d\u00e9crit un univers \u00e9trange, happant, stressant en nous invitant \u00e0 d\u00e9couvrir cette h\u00e9ro\u00efne fragile, observatrice, passionn\u00e9e, manipulatrice mais terriblement attachante. Le renversement final est saisissant.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ne faisons pas confiance au mot fin car nous n\u2019en avons pas fini avec cette histoire&nbsp;\u2026. Isabelle reviendra&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Premier roman d\u2019une rare intensit\u00e9, d\u2019une ma\u00eetrise incroyable. La construction de ce roman est juste d\u2019une pr\u00e9cision remarquable qui embarque le lecteur, qui le prend en otage et o\u00f9 il ne cesse de d\u00e9m\u00ealer le vrai du faux.<\/p>\n\n\n\n<p>A travers Isabelle, Florence Herrlemann nous garde en suspens, essayant de garder l\u2019\u00e9quilibre, Elle nous propose d\u2019\u00eatre un funambule\u2026 exercice p\u00e9rilleux mais oh combien merveilleux&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Je vous livre maintenant mon ressenti \u00e0 la lecture du festin ! Roman hypnotique, noir, d\u00e9rangeant mais envo\u00fbtant. J\u2019ai d\u00fb interrompre ma lecture mais ce fut pour mieux y revenir. Les mots de l\u2019auteure r\u00e9ussissent \u00e0 me faire vivre le r\u00e9cit d&rsquo;Isabelle au plus pr\u00e8s, en direct. J&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, dans cette grande maison bourgeoise, silencieuse et invisible, cach\u00e9e moi aussi dans un coin oubliant toute temporalit\u00e9&#8230; Le jour, la nuit, l&rsquo;hiver, l&rsquo;automne, l&rsquo;\u00e9t\u00e9, le printemps se d\u00e9roulant inlassablement. Ambiance donc oppressante avec un sujet d\u00e9licat, les relations m\u00e8re\/fille. Une fois encore et de fa\u00e7on compl\u00e8tement diff\u00e9rente j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 bouscul\u00e9e parfois en \u00e9quilibre, parfois au bord du pr\u00e9cipice. Quel talent ! Sur la forme, ce r\u00e9cit ininterrompu, ce monologue d&rsquo;Isabelle ,son confident L\u00e9o vouvoy\u00e9 et silencieux, la m\u00e8re \u00ab\u00a0m\u00e8re\u00a0\u00bb qui rit et parle trop fort (phrase plusieurs fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9e) donne cet effet d&rsquo;\u00e9crasement. La plume de l&rsquo;\u00e9crivaine a un pouvoir exceptionnel. L\u00e9o m&rsquo;a tout de suite ramen\u00e9 \u00e0 mes cahiers d&rsquo;\u00e9criture, compagnon \u00e9ternel qui aide \u00e0 supporter le pire et \u00e0 partager les espoirs et les joies ! Monologue aussi  onirique : Florence Herrlemann m\u00eale avec brio la violence, la souffrance et la beaut\u00e9 est un d\u00e9fi magistralement relev\u00e9. Quelle po\u00e9sie quand elle nous parle de la neige (p130) ou du matelas d&rsquo;isabelle (p55). J&rsquo;aime aussi les r\u00e9p\u00e9titions dans le monologue de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne, il ass\u00e8ne ces coups de poignards et nous fait mieux ressentir son mal \u00eatre et sa souffrance. Bien s\u00fbr, parfois elle appara\u00eet manipulatrice mais quel soulagement et quelle envie j&rsquo;ai eu de partager les doux souvenirs de la tante \u00c9milie. J&rsquo;ai port\u00e9 en moi les espoirs d&rsquo;Isabelle \u00e0 l&rsquo;apparition d&rsquo;H\u00e9lo\u00efse! J\u2019ai \u00e9t\u00e9, vous l&rsquo;aurez compris une fois de plus embarqu\u00e9e et cette fois vers l&rsquo;inconnu sur 157 pages, ne sachant d\u00e9m\u00eal\u00e9e le vrai, du faux. La fin a \u00e9t\u00e9 une totale surprise. J&rsquo;aime aussi la puissance des femmes dans votre litt\u00e9rature, ch\u00e8re auteure, elles tiennent le haut du pav\u00e9 dans vos deux romans. Le choix des mots donne \u00e0 votre roman l&rsquo;allure d&rsquo;un grand op\u00e9ra. Tout y est juste, \u00e0 sa place. Je vous trouve enfin courageuse d&rsquo;avoir commenc\u00e9 votre carri\u00e8re avec un roman, il faut l&rsquo;avouer, pas tr\u00e8s facile d&rsquo;acc\u00e8s mais tellement passionnant. J&rsquo;imagine que \u00e7a ne s&rsquo;est pas pos\u00e9 en ces termes et qu&rsquo;il s&rsquo;est impos\u00e9 \u00e0 vous. MERCI et BRAVO<\/p>\n\n\n\n<p>En deux romans, Florence Herrlemann nous montre l\u2019\u00e9tendue de son talent, une \u00e9criture vive, anim\u00e9e, habit\u00e9e, ensorcel\u00e9e\u2026. Une grande auteure est n\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le festin du l\u00e9zard&nbsp;\u00bb chez Antigone 14<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019appartement du dessous&nbsp;\u00bb chez Albin Michel<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La nuit est tomb\u00e9e sur la grande et myst\u00e9rieuse maison. Au fond du parc, la lourde grille reste obstin\u00e9ment ferm\u00e9e sur l&rsquo;autre monde. De la salle \u00e0 manger montent des voix. Avec son fid\u00e8le L\u00e9o, Isabelle se pr\u00e9pare \u00e0 descendre d\u00eener. Tout semble normal. Normal ? 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